14.07.2008
Une canne épée (By Jihelpe)
Pour mon retour, je laisse le clavier à Jihelpe pour un objet qui sent bon son Arsène Lupin !
Puisque l’on nous rebat les oreilles avec l’insécurité, que l’on nous propose des objets d’auto défense, comme les bombes lacrymogènes –très pratiques pour les agresseurs- j’ai pensé faire un léger retour en arrière…
Nous reporter au début du 20ème siècle.
Comment vivaient les habitants de Paris en ces temps bénis où l’on ne parlait pas toutes les cinq minutes d’insécurité ?
Quels objets étaient à la mode pour circuler dans notre capitale ?
Eh oui ! N’en déplaise aux représentant en portes blindées, en systèmes d’alarme, en bombe lacrymo ou en Tazer, en journaux télévisés alarmant, en émissions inquiétantes… et j’en oublie probablement…. Il est préférable de traverser Paris à pied maintenant que cent ans plus tôt.
Un des objets à la mode, et que l’on retrouve dans nombre de films et de romans de l’époque –sachant que pour les films, il s’agit bien sur des films se passant à cette époque…- est la canne épée.
Mon Grand Père, juste après la « der des ders » -dont il était revenu dans un état normal, c'est-à-dire complètement amoché- circulait dans Paris le soir du côté de Saint Denis pour rentré du travail
Il ne se déplaçait jamais sans sa canne épée, à cause de la fréquence des agressions.
Maintenant que le contexte est posé, voyons plutôt l’objet.
Cette canne a un pommeau très intéressant qui représente Leda et le cygne –c'est-à-dire Zeus-
Quand on la regarde, on ne distingue pas le mécanisme, puisque celui-ci, prévu pour des droitiers, est sous le pouce.
Une pression sur le pouce et la lame se dégage du corps de la canne.
La lame est particulière puisqu’elle est triangulaire. Ce qui la rend encore plus dangereuse.
J’ai volontairement mis un couteau classique à côté, pour que l’on se fasse une idée assez précise de sa taille.
Mon grand père ne s’en est jamais servi… du moins c’est ce que j’en sais puis qu’il est mort quelques année après – faut il voir un lien avec ses blessures ?-
J’ai récupéré trois objets lui ayant appartenu. Voici le premier.
Je complèterai la trilogie au gré des mes humeurs…
17:22 Publié dans Objets de mémoire, mémoire des objets | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : apache, sécurité, autodéfense paris
20.06.2008
L'aspirateur (by K)
On poursuit la balade poétique dans les objets de K
Cette souris géante à la queue électrique grignote vos tapis,vos moquettes avec un appétit glouton.
Mais elle se gave au point qu'il faut régulièrement l'opérer pour lui changer l'estomac.
Quand on a admis qu'elle ne sait travailler sans bruit,
on peut apprécier ses diverses prestations :
un cliquetis parfois quand elle avale un gravier,un objet métallique
ou un sifflement étrange lorsqu'un papier s'engouffre dans son oesophage.
Tout s'est enfui sur son passage : la poussière disparue fait douter du temps qui passe.
Plus aucune trace de pas , empreintes effacées...
Une autre histoire peut commencer.
Enfin, l'aspirateur est retourné dans son placard.
On l'a calé, non sans mal.
La porte refermée, on s'est éloigné,
quand un dernier bruit nous rattrape :
l'ultime convulsion du flexible.
00:03 Publié dans Objets du quotidien, Objets poétiques, poésie des objets | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : ménage, bruit, poussière, disparition
16.06.2008
Objets jumeaux (by Anne Chiboum)
Une nouvelle contribution d'Anne
J’aime bien, comme un signe de connivence, avoir un « objet jumeau » avec des gens dont je suis proche.
C’est d’ailleurs un tic familial : ma grand-mère nous avait offert, à ma tante et moi, un dessous de plat (immonde) identique à l’un des siens. Résultats des courses, j’ai un truc en fonte avec un coq dessus qui traîne depuis des années et que je suis incapable de jeter-donner-recycler.
Mon père et sa sœur ma tante ont un cendrier identique, très beau d’ailleurs, en cristal avec une forme étrange (de la kryptonite, prétendent certains. Mais en plus sobre.). Ces dernières années, heureusement qu’un océan les séparent, ils en seraient plutôt à se balancer des objets contondants à la tête, mais en tout cas c’était quelque chose de délibéré, quand ils l’ont fait.
Il y a une histoire de tableau aussi, une espèce de pastiche de Mondrian, nommé « Pique Nique au bord de la Meuse en 1820 », qu’on avait bidouillé avec papa en sortant de la Fondation Maeght et qui a fait des petits (offert avec notice de montage « Ikea-like » à une bande d’amis artistes qui en sont encore un peu… étonnés, disons).
A propos de papa, et pour en revenir au coq, il m’en a offert un magnifique, pour mes trente ans, qui trône sur une étagère. Et lui il a son petit frère sur la terrasse. Ils ne sont pas identiques mais se ressemblent beaucoup, viennent de la même main comme nous sommes de la même famille, j’adore.
Je devais avoir un objet jumeau fabriqué de mes mains avec quelqu’un que j’aime beaucoup. Le sort en a décidé autrement puisqu’une autre que j’aime beaucoup est tombée amoureuse de mon exemplaire, et que je le lui ai offert… sans regrets, d’ailleurs. Mais du coup, à écrire ces mots, je songe qu’il faut que je réactive mon projet de gémellité matérielle à installer quelque part, dans un coin.
Si j’aime ces objets jumeaux, c’est parce que je sais que si mon œil se pose dessus, j’ai immédiatement la tête et le cœur emplis de tendresse, d’images de bons moments, de mots simples et essentiels. Bien sûr, tout ça, on peut le faire autrement, c’est juste un petit plus, poétique parfois, incongru, de temps en temps, à la somme des petites choses qui nous lient à quelqu’un.
D’autres n’y voient qu’un bazar encombrant de plus, tant pis pour eux.
14:21 Publié dans Objets de mémoire, mémoire des objets, Objets tendres | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : coq, famille, paire, kryptonite



