20.06.2008
L'aspirateur (by K)
On poursuit la balade poétique dans les objets de K
Cette souris géante à la queue électrique grignote vos tapis,vos moquettes avec un appétit glouton.
Mais elle se gave au point qu'il faut régulièrement l'opérer pour lui changer l'estomac.
Quand on a admis qu'elle ne sait travailler sans bruit,
on peut apprécier ses diverses prestations :
un cliquetis parfois quand elle avale un gravier,un objet métallique
ou un sifflement étrange lorsqu'un papier s'engouffre dans son oesophage.
Tout s'est enfui sur son passage : la poussière disparue fait douter du temps qui passe.
Plus aucune trace de pas , empreintes effacées...
Une autre histoire peut commencer.
Enfin, l'aspirateur est retourné dans son placard.
On l'a calé, non sans mal.
La porte refermée, on s'est éloigné,
quand un dernier bruit nous rattrape :
l'ultime convulsion du flexible.
00:03 Publié dans Objets du quotidien, Objets poétiques, poésie des objets | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note | Tags : ménage, bruit, poussière, disparition
04.06.2008
Les tire-bouchons
C’est étonnant tout de même les hasards de la vie. En pensant à ce blog, avant de le créer, parmi les thèmes auxquels j’avais pensé se trouvait celui du tire-bouchon. J’aime bien cet objet, pas seulement en raison de sa fonction (par exemple, j’ai moins d’intérêt pour le décapsuleur alors que j’en avais toujours un sur moi quand j’étais ado), mais aussi pou la diversité de ses formes. On pourrait se dire qu’au delà de son habillage le principe reste fondamentalement le même : une vrille qui descend dans le liège lorsque l’on tourne, puis on fait remonter en tirant, la seule variation venant de l’assistance offerte par l’engin pour la descente et la remontée. La diversité serait uniquement là que nous aurions des objets d’une grande variété, mais il n’y a pas que ça.
Tout petit déjà l’objet me plaisait. Avant même de lui trouver une quelconque utilité. J’en avais un en bois à la maison et j’aimais jouer à faire descendre la vrille sans savoir trop comment l’engin fonctionnait. Le « De Gaulle » qui lève les bras quand on l’enfonce dans les bouchons pour signifier qu’il a compris de quoi on a envie — que Psyblog appelle l’alleluia ce qui me plait aussi — m’amusait aussi.
Par la suite, le côté fonctionnel m’est apparu plus important. Entre le besoin d’en avoir un avec soi — ouvrir une bouteille avec un Estwing n’est pas aussi simple qu’on pourrait le penser… — et celui de retirer des bouchons rétifs à toute sortie, mes attentes n’avaient pas toujours de solution en un seul objet. J’ai essayé le modèle de la vis sans fin où il faut toujours tourner dans le même sens pour retirer le bouchon, mais j’avais un faible pour mon tire-bouchon à lames. A la place de la vrille, deux lames qu’on enfonce de part et d’autre du bouchon que l’on fait remonter en tournant l’outil. J’aimais d’autant plus celui-ci qu’il m’avait été offert par le patron de la boutique dans laquelle je me faisais un peu d’argent de poche au noir en lavant des fûts de pinard. Mon père, amateur de gadgets improbables supposés vous simplifier la vie et qui finissent au fond d’un tiroir car ils ne servent à rien où sont inutilisables, a eu des modèles étonnants comme celui à air : il fallait percer le bouchon avec une aiguille pour envoyer de l’aire, la différence de pression faisant remonter le bouchon. En théorie.
J’avais donc envisagé de parler de tire-bouchon et je me suis retrouvé dépassé chez moi par les contributions de Fabrice sur la Rolls du genre et par K dans sa veine poétique. Je me disais que j’allais parler d’autre chose en partant pour mon week-end angevin financé par les buveurs d’eau. Trois jours de jeux divers, de rencontres sportives et de soirées arrosées, trois jours d’un peu n’importe quoi qui font plaisir. Arrivé sur place, je reçois mon petit sac du participant et dedans, à côté d’une bouteille de Coteaux du Layon, il y avait ça :

Je pensais être loin de cette thématique, et je me suis retrouvé avec un nouveau modèle. Je ne pouvais plus ne pas en parler…
22:23 Publié dans Objets du quotidien | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : vin, bouteille, gadgets, marteau
30.05.2008
Tire-bouchon (By K)
Après Fabrice, K nous livre sa vision du tire-bouchon
Il descend lentement au coeur du liège.
Des crissements marquent sa progression en spirale
lorsqu'il est au travail.
Il s'enfonce,
n' a qu'une idée :
la bouteille doit enfanter.
Il échoue quelquefois et le bouchon
s'émiette, tombant dans le vin...
Quand tout se passe bien, la naissance
s'opère et, autour de lui, les yeux pétillent :
la promesse de la bouteille
délivrée met l'eau à la bouche.
01:01 Publié dans Objets du quotidien, Objets poétiques, poésie des objets | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vin, bouteille, liège
21.05.2008
Le tire-bouchon (by Fabrice)
Pourquoi parler d'un tire-bouchon ?
Tout simplement pour ce que cela signifie. A la maison, on ne boit du vin que lorsqu'on a des invités (je précise bien que je parle de vin, rien n'interdit de se prendre des apéros quand on en a envie, une petite bière par ci par là…). Donc, le simple fait de sortir le tire-bouchon hyper-top-moderne de sa boîte est synonyme de convivialité. On a du monde à la maison, et donc, en supposant que les casse-pieds et autres pique-assiettes sont peu nombreux chez nous, on va passer un bon moment à se faire une bonne bouffe tout en descendant ladite bouteille.
Ensuite, vient la spécificité de "ce" tire-bouchon. Il répond à un besoin ou plutôt à un ras-le-bol envers mon incompétence à me servir de mes dix doigts. Finis, les bouchons coupés en deux, les morceaux de liège flottant dans la bouteille sous prétexte que je n'ai pas été fichu de l'ouvrir (la bouteille) correctement.
Oui, je crois qu'en fin de compte, notre hôte a raison, ça peut être révélateur, un objet !

19:57 Publié dans Objets du quotidien | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : vin, bouteille apéro, amis
20.05.2008
Un rasoir mécanique (by Jihelpe)
Le texte du jour vous est offert par Jihelpe, qui doit être barbu s'il n'a pas d'autre rasoir !
Alors pour commencer, qu’est ce qu’une soirée « Lots » ?
Une soirée « Lots » est une soirée entre amis et connaissances dans laquelle des jeux sont organisés par chaque participants qui met un lot en… jeu.
Généralement des objets que l’on ne veut plus chez soi, et parfois des magnifiques cadeaux… Mais comme tout est emballé, personne ne sait ce qu’il y a à gagner… ou à perdre…
Car le « Lot » peut-être remporté par celui qui gagne ou par celui qui perd le jeu…
Celui qui mène le jeu et met en jeu son « cadeau », annonce la règle.
Ainsi le perdant peut se retrouver avec un super livre par exemple, tandis que le gagnant d’un autre jeu va être l’heureux propriétaire d’une Tour Eiffel-Neige…
Donc, personne ne sait s’il a intérêt à gagner où à perdre…
Et moi, j’ai donc gagné ce rasoir « électrico-manuel » que j’ai tout de suite adopté. Non pas comme rasoir, mais comme objet.

Il représente pour moi, tout un imaginaire qui se construit autour de lui.
D’abord il m’intéressait au niveau cinéma. Il me faisait déjà irrémédiablement penser à « Un homme et une femme », lorsque Jean Louis Trintignant se rase dans la voiture en conduisant avant de rejoindre Anouk aimé sur la plage de Deauville pour la scène mythique…
J’ai toujours regardé cet objet comme un élément d’une scène dans laquelle le geste de lancer le mécanisme du rasoir correspondrait à la manifestation d’un sentiment du personnage.
Comme on peut le distinguer sur les photos il y a un cordon que l’on tire, plusieurs fois, un peu comme on fait pour lancer le moteur d’une tondeuse ou d’un bateau.

Cela entraîne le moteur qui fait tourner la lame.
Il faut savoir que cet objet est assez lourd. Il est actionné donc par la force physique –toute relative, bien sur- et, ce qui surprend la première fois, la rotation se décentre de manière à ce que la force ne reste pas toujours sur le même endroit. Ce qui permet un rasage de meilleure qualité.
Quoique, pour ce qui et du rasage, je m’en suis servi pour un petit essai ponctuel, mais je pense que les lames sont usées.
Toujours est-il que je garde cet objet, sans savoir spécialement pourquoi maintenant, depuis des années.
C’est le seul objet que l’on peut trouver dans ma bibliothèque.
08:59 Publié dans Objets cultes, Objets du quotidien | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : jeux, lelouch, barbe, lames
15.05.2008
Mon bureau
A cette époque, mon appartement était souvent réduit non pas à une pièce, mais à un meuble devant lequel je passais mes journées et souvent mes nuits. Je terminais le rapport que je n’avais pas pris le temps d’écrire dans la journée car j’avais la tête ailleurs ou parce que le temps dont je disposais était insuffisant pour rendre compte de ce que j’avais fait et vu De toute façon, j’aimais travailler tard, la nuit, période la plus favorable pour moi pour me concentrer, ne pas être perturbé par l’environnement extérieur.Comme j’avais des activités multiples sur ce bureau, que j’y passais du temps, on y trouvait un peu de tout. Un ordinateur bien sûr, un Mac trônant à la bonne place, c’est-à-dire pas tout à fait au centre de la table. Mon bureau est une dalle de verre reposant sur deux pieds en bois, dalle récupérée dan un dépôt-vente quelconque, assez épaisse, mais longue, et je n’ai jamais eu totalement confiance en sa solidité dans la partie centrale entre les deux pieds. Et puis, on trouvait dessus des tirés à part de revues scientifiques, des cartes en tout genre, des papiers, des carnets de terrain, des rapports antérieurs, des dictionnaires, des disques, à manger, à boire, des crayons, des règles, des journaux, des lettres, le tout dans le plus organisé des bordel possible.
J’aimais avoir à porté de main ce dont j’avais besoin, et ce dont j’avais besoin était d’une telle diversité qu’on pouvait trouver un peu n’importe quoi sur mon bureau. Le dernier papier, le dernier crayon se trouvait sur le dessus d’une pile, l’ensemble se déplaçant selon les règles chaotiques d’une tectonique des piles qui reste à écrire. Parfois un fort séisme introduisait un semblant d’ordre en regroupant par thème les éléments divers, mais ce genre d’événement, imprévisible, ne se produisait qu’à intervalles de temps très irréguliers.
Quand mon activité a changé, que j’ai définitivement renoncé à boucler cette thèse qui ne m’aurait rien apporté de plus que d’accoler le titre de docteur à mon nom quand je me rends en Allemagne, ce qui arrive rarement, j’aurai pu tout ranger, faire place nette. J’avais un vrai lieu de travail rien qu’à moi, avec un ordinateur que je ne devais partager avec personne. Mon bureau personnel n’aurait pu qu’être une table parmi d’autres dans la maison. Mais il n’en a rien été. Il demeure en quelque sorte le témoin de mes vies passées, il n’est pas retombé dans un anonymat du bureau de passage des différents membres de la famille. Je ne suis pas le seul à l’utiliser, mais il est clairement reconnu comme mien. On y trouve toujours des tirés à part, des carnets de terrain, des cartes, des crayons, des dictionnaires. J’y passe toujours du temps pour écrire des notes de blog. Bien sûr, je ne travaille plus dessus, même si je suis encore parfois sollicité pour un truc ou un autre.
Mais maintenant, je suis infidèle à ce bureau, j’ai mon autre devant lequel je passe mes journées quand je ne suis pas en réunion un peu partout. Ce bureau, j’y passe du temps, mais moins que j’en passais sur le mien. Mes activités y sont professionnelles, pas personnelles, et
moins variées du coup, un peu. Pourtant, on y trouve aussi des piles diverses qui se déplacent au gré de mes travaux du jour, des petits objets qui ne servent à rien mais qui m’amusent, une carafe pour avoir de l’eau, des crayons, un téléphone, un ordinateur, des journaux, des clés…En fait, je ne suis pas capable de travailler dans un univers rangé où rien ne dépasse. Mes piles ne sont jamais droites avec des feuilles bien alignées, jamais organisées de façon tout à fait cohérente, mais globalement je m’y retrouve. En fait, je crois que je perdrais plus de temps à ranger régulièrement mon bureau qu’à laisser les documents vivre leur vie dessus. Et même, quand je passe devant le bureau de certains collègues toujours bien rangé, sans une feuille qui dépasse, ça me fait toujours un peu le même effet que lorsque je croise quelqu’un toujours tiré à quatre épingles sans un cheveu qui dépasse, avec un jean repassé et un pli dans l’axe de la jambe. Ca me fiche un peu la trouille, comme s’il manquait un peu de vie dans cette image qui paraît sortie d’un catalogue.
00:06 Publié dans Objets du quotidien | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : papiers, bordel, ordinateur, tectonique



