20.06.2008

L'aspirateur (by K)

On poursuit la balade poétique dans les objets de K

25982391.jpgCette souris géante à la queue électrique grignote vos tapis,
vos moquettes avec un appétit glouton.
Mais elle se gave au point qu'il faut régulièrement l'opérer pour lui changer l'estomac.
Quand on a admis qu'elle ne sait travailler sans bruit,
on peut apprécier ses diverses prestations :
un cliquetis parfois quand elle avale un gravier,un objet métallique
ou un sifflement étrange lorsqu'un papier s'engouffre dans son oesophage.

Tout s'est enfui sur son passage : la poussière disparue fait douter du temps qui passe.
Plus aucune trace de pas , empreintes effacées...
Une autre histoire peut commencer.

Enfin, l'aspirateur est retourné dans son placard.
On l'a calé, non sans mal.
La porte refermée, on s'est éloigné,
quand un dernier bruit nous rattrape :
l'ultime convulsion du flexible.

30.05.2008

Tire-bouchon (By K)

 

 Après Fabrice, K nous livre sa vision du tire-bouchon
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Il descend lentement au coeur du liège.
Des crissements marquent sa progression en spirale
lorsqu'il est au travail.
Il s'enfonce,
n' a qu'une idée :
la bouteille doit enfanter.
Il échoue quelquefois et le bouchon
s'émiette, tombant dans le vin...
Quand tout se passe bien, la naissance
s'opère et, autour de lui, les yeux pétillent :
la promesse de la bouteille
délivrée met l'eau à la bouche.

24.05.2008

Le dessous de plat (by K)

Un nouveau texte de K, qui poursuit son exploration poétique de nos objets familiers

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Son pré carré c'est la table.

Il y est posé, presque invisible sous le nez de figures ne lui prêtant pas attention.
Discret, ou peut-être connaisseur, il sait s'accommoder du cul rougeoyant des casseroles chaudes.
Mais les tables encombrées sont sa hantise : les poêles le démangent quand elles entament leur va-et-vient, poussées par les convives que gêne la longue queue.
S'il redoute les coups de gamelles fumantes que lui inflige dans la précipitation l'imprévoyant en train de se brûler, il préfère, fataliste, oublier ceux du brutal de la maison qui ne pose jamais rien en douceur.
Choqué, déplacé, soumis aux traitements les plus rudes, il reprend toujours le dessus.
Imperturbable et presque froid, il reste sur la table quand les convives ont depuis longtemps roulé dessous.

18.05.2008

La pince à linge (by K)

 

Ce soir, c'est K qui s'y colle, dans un tout autre registre 

1556701370.JPGOn la tire de sa boîte ou d'un sac quand elle n'est pas restée sur le fil.
Elle est en plastique ou en bois, parfois métallique et recouverte d'une pellicule plastifiée.
Elle aime tous les tissus, croque toutes les fibres.
Elle hante des buanderies opaques sur de petits séchoirs dont elle reste solidaire lorsque ceux-ci s'effondrent.
Elle accompagne nos vêtements lors de leur pendaison. Mais elle reste impuissante devant les larmes qui s'en égouttent.
Les grandes claques du vent l'ébranlent parfois mais elle n'en démord pas.
Elle résiste aux tourbillons qui, enchevêtrant le linge, manquent de l'étouffer ou de l'écarteler.
Quand la tempête est passée, que le linge a séché, tout lui semble plus léger.
Funambule immobile qui rêve d'hirondelles sur son fil.